Chronique #18 – LE RESPECT DE LA LIBERTÉ

LE RESPECT DE LA LIBERTÉ

Nous avons tous été créés libres, et nous désirons tous jouir pleinement de notre liberté; mais très souvent, nous sentons notre liberté brimée par les autres ou nous brimons celle des autres. J’ai remarqué qu’il est facile de respecter cette liberté à distance lorsqu’il s’agit d’étrangers, mais lorsque nous arrivons avec nos proches, avec ceux que nous aimons, il devient plus difficile de conserver cette liberté.

Lorsque trois de mes enfants, Sylvie, Julien et Édith ont commencé à travailler au bureau, nous avons eu une rencontre de plusieurs heures pour regarder ensemble les avantages et les inconvénients que nous avions à travailler ensemble, et nous avons passé beaucoup de temps à discuter du respect de la liberté de chacun, voulant qu’ils soient toujours libres de quitter l’entreprise s’ils le désiraient. Je leur ai dit que mon rôle de père était plus important que celui de patron, mais j’avais besoin, comme patron, de sentir cette même liberté de les remercier ou congédier si ça m’apparaissait nécessaire. Nous avons convenu que nos rencontres familiales ne seraient pas des rencontres d’affaires. Je crois que ce sentiment de liberté, bien exprimé et ressenti de part et d’autre, a été un élément important dans le plaisir et le succès que nous avons eu à travailler ensemble.

À l’adolescence, Catherine, voyant que les trois aînés de la famille travaillaient avec moi, ne voulait pas se joindre aux autres, car elle voulait organiser sa propre orientation. Pour être sûre de ne pas prendre les mêmes chemins que les autres, elle a fait son cours à l’Université du Québec à Montréal en psychosociologie de la communication. Après deux ans de cours, elle a réalisé que son désir était de s’occuper de l’humain dans l’entreprise. Sa courte expérience de travail dans différents restaurants lui avait fait réaliser que ce n’était pas si facile que cela et, de plus, nous avions déjà une entreprise familiale qui véhiculait ces valeurs. Il s’avérait plus facile pour elle de se réaliser à l’intérieur de l’entreprise, et elle a demandé de venir travailler au bureau durant les vacances. Après un mois de travail, elle m’a dit qu’elle n’était pas sûre de sa décision et qu’elle craignait de perdre sa liberté. Je lui ai dit qu’elle était tout à fait libre, et qu’elle le serait toujours, que sa propre réalisation en tant que personne humaine était beaucoup plus importante que le bureau. Par la suite, elle m’a dit que sa tension était disparue, qu’elle ne venait de personne d’autre que d’elle-même et, qu’effectivement, elle se sentait entièrement libre.

Pour bien fonctionner, nous avons besoin de sentir cette liberté et très souvent, c’est nous-mêmes qui la brimons par notre propre imagination. Notre liberté, et celle des autres a une très grande valeur et c’est en évoluant dans un climat de liberté le plus complet possible que nous pouvons atteindre de nouveaux sommets.

 

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